L’humain a-t-il sa place dans le digital?

26/06/2018 Palmeraie Country Club – Casablanca

C’est la question centrale qui a occupé les esprits durant l’événement EELive organisé par Success Publications, le mardi 26 juin 2018 à Casablanca.

L’équilibre entre l’humain et la machine tout au long du processus de digitalisation des services publics a été au cœur des débats lors de la conférence EELive organisée par Success Publications, mardi 26 juin 2018 à Casablanca, en partenariat avec Autoroutes du Maroc et MarocLear. L’évènement a été l’occasion pour les différents intervenants d’exposer le niveau d’avancement des départements qu’ils représentent, mais aussi de pointer les défis à relever pour une digitalisation sereine.

Digitalisation orientée usagers
Au niveau du ministère de la Réforme de l’Administration, les démarches entreprises visent à accompagner les différents départements dans le déploiement du Plan Digital. Pour le ministère, il est nécessaire dans cette transformation de réfléchir «citoyen» avant de penser «performances». La stratégie est d’ailleurs orientée citoyens avec en perspective le changement du statut du fonctionnaire vers celui d’employé, précisait Samia Chakri, directeur des systèmes d’information au ministère délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de la Réforme de l’Administration et de la Fonction publique. Anouar Benazzouz, directeur général d’Autoroutes du Maroc, soulignait pour sa part que le recours à l’automatisation des péages découle essentiellement de la rareté du foncier, qui bloque la construction de nouveaux postes. Néanmoins, la digitalisation va au-delà du péage, assurait-il: «Elle nous permet d’avoir la protection civile en autoroute, le listing des hôpitaux régionaux avec une base de données des listes de pathologies traitées dans ces hôpitaux régionaux pour une efficacité dans les sauvetages. De même, pour lutter contre le phénomène de jet de pierres, ADM a déployé des caméras de surveillance».

Faciliter les démarches
Si l’approche d’ADM verse davantage dans le sécuritaire, celle de la DGI va dans le sens d’un changement de paradigme à travers la facilitation des procédures de déclaration et la facilitation du paiement. Le passage au tout digital a permis à la DGI de réaliser des économies substantielles et d’accroître ses recettes de 22%, précisait Aboubakr Elhimeur, directeur des systèmes d’information à la DGI. Du côté de la TGR, le recours au digital permettrait de proposer des services de qualité en veillant à l’intérêt général et sur le niveau comptable de recentrer l’informatique pour mieux servir les partenaires, expliquait Mohamed Elamine Seghrouchni, chef de la division système d’information à la TGR. Ce dernier n’a pas manqué de rappeler que les principaux clients de la TGR sont l’Etat et les communes, pour qui elle joue le rôle de comptable. Khouloud Abejja, directrice par intérim de l’Agence de développement digital, précisait que l’«Agence travaille actuellement sur 14 chantiers validés, dont le premier bloc concerne l’Administration et plus précisément l’interopérabilité entre les différents départements administratifs. Ce qui permettrait in fine d’avoir un seul portail d’accès aux services. Toutefois, pour assurer cette interopérabilité, il faudra d’abord s’attarder sur le volet réglementaire et le volet sécuritaire». L’Agence cherche aussi à proposer un parcours unique en ligne pour l’investisseur tout comme pour l’importateur-exportateur.

Pour l’économiste Daniel Cohen, le Maroc doit mener les trois révolutions (agraire, industrielle et numérique) de pair.

Pour l’économiste français Daniel Cohen, les innovations proposées par le numérique «sont des innovations radicales qui dépassent ceux qui les ont créées». Concernant le Maroc, l’économiste a souligné que le pays est en train de vivre les trois révolutions en même temps: «La révolution agraire, la révolution industrielle et la révolution numérique», précisait-il, soulignant par ailleurs que la numérisation de la société va créer davantage d’inégalités et que ce serait bien évidemment le cas pour le Maroc. Pour autant, il n’anticipe pas un appauvrissement de la classe moyenne, du moins pas au même rythme que dans le monde industrialisé où la numérisation touche essentiellement le middle management et donc la classe moyenne.

Data Scientist, au centre de la digitalisation.

Si la digitalisation fera certainement disparaître des métiers, elle est aussi créatrice d’emplois… mais plus pointus. C’est le cas des data scientists, un métier de plus en plus en vogue vu l’hégémonie de la data ou plutôt des Big Data. Ce métier consiste essentiellement en l’usage des données de façon créative pour générer de la valeur pour les entreprises, à travers notamment la détection de tendances et comportements complexes que leur analyse permet de comprendre. Un métier capital au service de la prise de décision.

Source: Economie Entreprises